A propos de ce blog

J’ai deux blogs (en réalité, j’en ai beaucoup plus, mais les autres sont secrets 😉 ) :

  • Ce qu’on a perdu en rêve : c’est mon blog-notes, mon carnet en ligne, dans lequel je consigne tout ce dont je veux garder une trace ou tout ce qui me plaît ou m’intéresse. Ce qu’on a perdu en rêve (cette expression vient d’une citation de Robert Musil), c’est ce qu’on a gagné en réalité. C’est donc mon blog de curation de contenus.
  • Celui sur lequel vous êtes en ce moment, Avec ou sans bruits parasites : j’y fais part de mes réflexions, de mes idées, de mes astuces…

    Son titre vient d’un passage du Loup des steppes de Hermann Hesse (1927) :

    [Le narrateur est engagé dans une conversation avec sa logeuse.]

    Nous parlâmes également de son neveu et elle me montra, dans une pièce attenante, le dernier objet qu’il avait réalisé pendant ses moments de loisir. Il s’agissait d’une TSF. Le jeune homme, assidu à la tâche, passait ici ses soirées à fignoler cet appareil. Il était enthousiasmé par le principe de la transmission sans fil et s’agenouillait pieusement devant le dieu de la technique qu’il révérait. Au bout de milliers d’années, ce dieu était parvenu à découvrir et à représenter de manière extrêmement imparfaite, des choses que chaque penseur connaissait depuis toujours et utilisait avec plus d’intelligence. Nous évoquâmes ce sujet car la tante se montrait légèrement encline à la piété et ne détestait pas les discussions de nature religieuse. Je lui déclarai que l’omniprésence de toutes les forces et de tous les actes accomplis dans le monde était déjà parfaitement connu des anciens hindous. En construisant un appareil encore terriblement imparfait, capable de recevoir et de diffuser les ondes sonores, la technique avait simplement porté à la conscience universelle un petit fragment de ce savoir. Quant à l’élément essentiel de cette vérité ancienne, la non existence du temps, la technique continuait de l’ignorer aujourd’hui. Au bout du compte, cependant, cet élément serait naturellement « découvert » lui aussi et tomberait entre les mains des ingénieurs affairés. On s’apercevrait peut-être très prochainement que, de même que nous pouvons entendre à Francfort ou à Zurich des concerts joués à Paris et à Berlin, nous baignons dans le flot permanent des images et des événements présents, immédiats. Mais ce n’était pas tout. On comprendrait également que l’ensemble des événements survenus depuis la nuit des temps sont enregistrés et présents de la même manière que le reste et qu’un jour, sans doute, nous entendrions parler le roi Salomon et Walter von der Vogelweide, avec ou sans fil de transmission, avec ou sans bruits parasites.

    et il ajoute :

    Pour finir, je déclarai que, tout comme les débuts actuels de la radio, cela permettrait uniquement à l’humanité de fuir face à elle-même, face à ses buts ultimes, et de s’environner d’un réseau de plus en plus serré de distractions et d’occupations vaines.

    Il me semble que le « flot permanent des images et des événements présents, immédiats » et le « réseau de plus en plus serré de distractions et d’occupations vaines » sont d’assez bonnes descriptions d’internet et de ce qui est devenu notre vie quotidienne.

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