Sites web sociaux en éducation: comment peut-on les utiliser?

[Note de Benoit Lacherez : Aujourd’hui, pour la première fois, j’ouvre mon blog à une collègue : Margarita Levasseur enseigne le français langue étrangère à Plainfield South High School, à Plainfield, Illinois. L’année passée, elle a gagné une bourse de l’Association Américaine des Professeurs de Français (American Association of French Teachers) et du Ministère des Relations Internationales du Québec. Elle cherche toujours à faire la meilleure utilisation possible des TIC dans sa classe et en particulier, elle utilise internet comme un moyen de montrer des utilisations pratiques de la langue française et comme une ouverture sur le monde. Elle utilise Flickr (http://www.flickr.com/photos/margarita1211 ) et del.icio.us (http://del.icio.us/marlev )
Margarita avait des choses intéressantes à dire sur le thème de l’EduCarnaval du mois prochain, je lui ai donc proposé de les écrire ici. Voici donc son expérience, ses réflexions et ses interrogations sur l’utilisation des logiciels sociaux en éducation.]

L’utilisation des logiciels sociaux en éducation : une vue de Flickr , Vimeo, et de del.icio.us

Pendant ces dernières deux ou trois années, quelque chose que j’ai découvert sur Internet était les sites web dédiées comme logiciels sociaux. Je mets les devoirs pour mes élèves sur un site web grâce à Blogger et j’ai un lien depuis mon site web professionnel. En fait, cette année, après être rentrée du Québec, j’ai decidé de créer un site web photographique pour montrer le grand nombre de photos que j’ai prises à une autre professeure avec qui j’ai collaboré sur une présentation professionnelle pour un déjeuner à une conférence de professeurs de langues étrangères. Après l’avoir utilisé je vous avoue que je suis maintenant une vraie addicte de Flickr, ainsi que des blogues et des sites web éducatifs (je les lis régulièrement). En suivant les liens que j’ai vu sur Educarnaval, pour d’autres sites que je connais, et je peux en parler le mieux que je puis.

J’ai appris l’existence du site web Flickr dans un article du magazine Time. Le site web Flickr (http://www.flickr.com) est décrit par Salon.com comme « the world’s visual playground »; « Wonderfully impressive » par PC magazine; et « Completely addictive » par Time magazine. Ces citations sont absolument correctes. Comme les professeurs doivent chercher des photos pour utiliser en classe, Flickr et d’autres comme du même genre — comme Zoto, Fotoblog, Smugmug, Pbase, and Fotki– fournissent une occasion de chercher des photos qu’on peut utiliser en classe sans peur d’enfreindre des lois sur les droits du copyright. Il y a des personnes qui montrent gratuitement leurs œuvres. Il y a des personnes qui l’utilisent comme un album virtuel de photos, donc on voit des photos des fêtes familiales, des vacances, et les choses comme ça. On voit aussi des photos des personnes qui l’utilisent comme une galerie photo en ligne. Alors, comme professeur de français langue étrangère, je fais beaucoup de Power Points pour apprendre le vocabulaire. Ainsi, si j’ai besoin de photos de pommes, je peux saisir le mot « pommes » et je reçois 1 757 pages de photos de pommes! Et bien sûr, comme je fais des leçons sur la ville de Québec, Paris, Poitiers, et Abdijan, je peux saisir les noms de ces villes-ci et voilà beaucoup de photos. De plus, on peut saisir le nom des monuments, donc c’est très utile pour les profs de géographie, d’histoire, et d’autres sciences sociales.

Sinon, on peut mettre quelque chose de très général comme « anniversaires », « Noël », « printemps », ou n’importe quoi, et on peut trouver des photos. Quelle bonne façon de montrer des traditions autour du monde ! Mais il y a plus : si on clique sur le nom du / de la photographe, on peut trouver des choses intéressantes. Par exemple, sur le site web de Visual Grammar , il y a une photo d’une réaction chimique avec un concombre, donc c’est utile pour un(e) prof de sciences. En fait, il y a beaucoup de photos des musées de sciences autour du monde! C’est utile aussi pour des profs de maths. Si on a besoin de photos des fractales ou des exemples de symétrie, les voilà! Pour les professeurs de DPS, il y a des photos de drogues (sans blague). Tout ceux qui attendent la naissance d’un bébé mettent leur échographie sur Flickr. Evidemment, ce site web est aussi utile pour des profs d’arts, parce qu’il y en a beaucoup à trouver. Il y a des photos de beaucoup de musées, de points d’intérêt, de paysages, de la nature, et de la vie quotidienne, donc les possibilités pour l’utilisation de ce site web en classe sont énormes.

Si on devient un membre de Flickr, on peut se joindre aux groupes d’interêts spéciaux. Dans ces groupes, on partage ses photos. Il y a des groupes comme « France : 3 photos par jour »; « Québec pix »; et cetera. Il y a un groupe ici qui cherche des personnes pour partager leurs photos comme clip art. C’est très pratique car de temps en temps, on a besoin d’une photo de quelque chose que Microsoft ne peut pas donner, comme des trombones ou des pince-notes ou une personne qui bavarde sur un portable. L’autre avantage de l’abonnement à Flickr auquel j’ai pensé est qu’un(e) prof peut créer des exemples sur un site web pour les élèves à consulter de chez eux ou un tour virtuel d’une ville à l’étranger. Le/ La prof peut montrer des exemples ou des photos et écrire des notes ou des questions, et les élèves peuvent laisser des commentaires ou écrire quelque chose sur la photo à condition qu’il/elle leur donne son nom d’utilisateur et son mot de passe. (Seuls les membres peuvent laisser des commentaires) Avec mes photos de Paris ou de Québec, mon but pour l’année prochaine est de scanner des photos d’un appareil-photo normal pour ajouter à celles que j’ai prises avec mon appareil-photo numérique et de créer un autre compte sur Flickr. Je les téléchargerai vers le serveur pour qu’ils puissent faire un petit tour de ces villes en classe ou de chez eux.

Grâce à Flickr, et en y regardant des photos, j’ai appris le nom d’un site web qui s’appelle Vimeo (http://www.vimeo.com). C’est la même chose que Flickr, mais il est spécialisé en vidéo gratuite! Alors, comme je viens de le connaître, je pense à comment on peut l’utiliser. La première chose à laquelle je peux penser c’est l’utilisation de ces vidéos dans un Power Point pour montrer un endroit ou pour montrer une scène et demander aux élèves d’écrire une rédaction sur ce qu’ils ont vu. Si on ne veut pas de son, on peut l’éteindre. Ce que je me demande est si on peut éditer ses vidéos avec Microsoft Movie Maker pour n’avoir que ce qu’on veut. De plus, un(e) professeur pourrait l’utiliser pour mettre sur Internet des vidéos d’activités qu’on fait en classe. Cependant, il faut faire attention aux politiques et règles pour l’utilisation de cette façon. Beaucoup de systèmes scolaires, comme le mien, ont des règles sur l’utilisation d’images des élèves sur Internet. Comme je l’ai dit, c’est quelque chose que je viens de découvrir donc peut-être dans l’avenir je pourrais écrire à ce sujet.

Comme je l’ai dit, je lis des blogues. Sur des blogues qui concernent l’éducation, j’ai entendu parler d’un site web qui s’appelle del.icio.us. (http://del.icio.us) Je dois avouer que je gouguele le nom avant d’y aller (j’ai peur de ne pas mettre les points dans la bonne position et d’arriver sur un site web inapproprié ou pornographique) Alors, ce que j’ai découvert sur ce site web c’est que je trouve des trésors. Après m’être abonnée à ce site, j’ai entré des sites web que j’aime bien et que j’utilise, et puis j’ai vu le nombre de personnes qui les utilisent aussi. En suivant ce lien, j’ai vu les noms des personnes, et j’ai suivi leurs liens et j’ai trouvé d’autres choses pour moi-même. J’adore ce site web parce que maintenant, je ne dois plus m’envoyer les liens par courriel. J’ai un endroit où je peux les garder tous.

Ce qu’on peut faire avec ce site web c’est créer un compte pour un département où tous les profs peuvent contribuer leurs liens préférés et ils peuvent les partager pour trouver des ressources à utiliser en classe. Un(e) prof peut partager ses liens sur un site web avec ses élèves. Dans une école, on peut créer un site web des liens utiles pour toute l’école ou pour des comités dans l’école. Bien sûr, comme beaucoup d’écoles ont leurs propres sites web, on peut mettre des liens pour les parents. Alors, les possibilités sont interminables et on peut partager beaucoup de choses et apprendre beaucoup d’informations grâce à ce site web.

L’Internet maintenant est comme la télévision pendant les années 50 et 60. Il est tout à fait une arène de connaissance et une porte sur le monde. Cependant nos élèves ne le connaissent pas trop bien. Comme ils connaissent bien les sites web qui sont plus pour l’amusement que l’éducation, c’est à nous – les professeurs, les administrateurs, et les bibliothécaires, même ceux qui travaillent dans des industries liées — de mieux le connaître et de découvrir des outils utiles à utiliser en classe. Flickr, par exemple, est une bonne façon pour leur apprendre le droit d’auteur quand ils font un projet. De même, il faut leur montrer les sites web où on peut trouver les actualités, et de la bonne information, mais en même temps, il faut leur montrer comment utiliser l’Internet de façon responsable comme un outil pratique et informatif. Sinon, on risque de le laisser devenir une vaste terre en friche donc il est très important que nous le connaissions bien pour que nous puissions les guider pendant toute leur scolarité.

Dupliquer une installation d’Ilias

J’ai souvent besoin de recopier une installation du LMS Ilias à l’identique sur le même serveur, mais dans un autre répertoire et en utilisant une autre base de données. Le cas le plus fréquent est pour tester une mise à jour avant de l’appliquer à l’installation de production. Voici les étapes :

– Backup des scripts de l’installation à dupliquer, des fichiers utilisateurs (dans /opt/ilias/data sur l’installation par défaut) et de la base. On ne sait jamais ce qui peut arriver !

– Copie du répertoire contenant les scripts (dans le htdocs du serveur web) avec un nouveau nom, copie du répertoire de données avec ce même nom. Il faut veiller à ne pas changer les propriétaires des fichiers (certains ayant été créés par l’application) : sudo cp -Rp

– Modification des fichiers de configuration de l’installation (dans les scripts). Dans le fichier ilias.ini.php (à la racine de l’installation) : modifier les valeurs correspondant à http_path, absolute_path, datadir, path et/ou file pour la section [log].

Dans le fichier client.ini.php contenu dans chaque répertoire de client du répertoire data de l’installation, modifier les paramètres de connexion à la base de données : host, user, pass et name de la section [db].

– Copie de la base de données.

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Microlearning

Je viens de découvrir (un peu tard sans doute), le site microLEARNING, par l’intermédiaire d’InternetActu. Ce site, tenu par une équipe constituée autour de Frédéric Soussin, expose les fondements de la méthode qu’ils appellent microlearning, qui consiste, en gros, à délivrer régulièrement de tout petits contenus de formation par courrier électronique.

Je me suis alors souvenu d’un commentaire que j’avais lu sur Azimuts au sujet de la présentation faite par Frédéric Soussin lors des journées “GreCO 2005 : Enseigner avec les technologies”. Dans ce billet, Eric Delcroix contestait vivement cette notion de microlearning. Lorsque j’avais lu ce billet, je n’avais pas eu le temps de regarder la vidéo de cette intervention et j’avais pensé que, contrairement à ce que j’avais vu les quelques fois où il m’est arrivé de le rencontrer, Frédéric Soussin avait peut-être un peu forcé le trait et qu’il avait peut-être manifesté une certaine forme ‘d’arrogance mercatique’, comme cela arrive parfois lorsqu’on présente quelque chose en public.

Je viens de regarder cette vidéo et il n’en est rien ! Comme d’habitude, Frédéric a présenté cette notion avec simplicité et modestie en précisant même que chacun est à même d’appliquer ces idées dans sa pratique personnelle, sans aide de sa part.

Je comprends bien et je partage la préoccupation d’Eric : la prolifération des buzzwords et des révolutions technologiques qui disparaissent après quelques jours est évidemment agaçante. Cependant, il me semble qu’en l’occurrence son billet est injuste.

Lorsque je travaillais sur le projet Argos (le projet d’Espace Numérique de Travail de l’académie de Bordeaux), au rectorat de Bordeaux, notamment pour la formation des enseignants, j’ai bien eu l’occasion de voir que des formations de quelques heures isolées n’étaient pas suffisantes pour mettre en place des usages réels et durables. Il était utile que nous (l’équipe des formateurs Argos) restions diponibles pour répondre aux questions que se posaient après coup les collègues que nous avions formés, mais cela même ne suffisait pas : très souvent, nous reprenions contact avec eux, individuellement ou plus collectivement pour faire le point de leur utilisation, de leurs problèmes, mais aussi de leurs réussites. C’était un moyen de stimuler et d’enrichir les usages, mais aussi pour nous d’améliorer nos formations en connaissant les pratiques mise en oeuvre par les enseignants sur le terrain.

D’autre part, ma pratique personnelle me montre que j’apprends aussi avec le microlearning, d’une certaine façon : je reçois des messages de listes de diffusion, je lis des billets dans mon agrégateur RSS, parfois je lis un billet en entier, d’autres fois, je me contente de ‘taguer’ (ou tagger ?) un document pour penser à le relire ou même simplement, je me contente de lire le titre ; par la suite, il arrive que dans une situation particulière j’aie besoin de quelque chose que j’ai vu dans ce flux et je retourne le chercher pour approfondir. Je n’ai pas fait autre chose aujourd’hui pour écrire ce billet : j’ai lu dans Rojo (mon agrégateur RSS) l’interview de Frédéric Soussin sur InternetActu que j’ai mentionnée au début de ce billet, qui m’a donné l’adresse du site microLEARNING, qui m’a rappelé quelques idées sur cette notion ; j’ai alors repensé à un billet que j’avais lu il y a quelques mois sur Azimuts, qui contenait un lien versla vidéo de la conférence de Frédéric Soussin que je n’avais pas eu le temps de regarder à l’époque… Ca n’a l’air de rien, mais c’est ainsi qu’on apprend : en utilisant à un certain moment ce qu’on a vu hors contexte à un autre moment.

Ce que le microLearning dit à ce sujet, à mon avis, c’est simplement que le hors-contexte doit être limité mais régulier, pour que ces ‘fausses acquisitions’ soient toujours présentes à mon esprit de façon à ce que je puisse les activer utilement au moment opportun pour en faire de ‘vraies acquisitions’ de compétences.Pour favoriser cette ubiquité du canal de formation (qu’il soit une liste de diffusion, un fil RSS, une émission de télévision, un site web ou n’importe quoi d’autre), ubiquité qui fait que je peux me dire “j’ai vu quelque chose qui pourrait m’être utile sur telle liste de diffusion” ou même simplement qui fait que je pense à lancer une recherche dans ce canal précis, ce canal doit utiliser souvent (par exemple quotidiennement) un moyen de communication que j’utilise régulièrement (par exemple le courrier électronique pour beaucoup d’utilisateurs).

Ce sont peut-être des évidences, mais qu’il n’est jamais mauvais de rappeler et que mêmes certains formateurs expérimentés oublient parfois. Au-delà de ces considérations, je pense que Frédéric Soussin a aussi des choses à dire sur les méthodes pour créer ces petits contenus, en les adaptant aux objectifs poursuivis, aux cibles et surtout à ce mode de diffusion.

D’ailleurs, ces remarques correspondent à une tendance lourde du elearning (et pas seulement du elearning) vers une formation plus décentralisée, plus informelle et moins structurée…

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Utiliser VUE sous Linux

VUE est une application open source de concept mapping créé à l’université de Tufts. Sa principale originalité repose dans le fait qu’elle peut être connectée à un dépôt de données, qui peuvent facilement être utilisées dans les cartes réalisées. Plus simplement, ce que j’aime avec ce programme, c’est qu’il me permet de faire des concept maps et des diagrammes simplement.
VUE

Pendant longtemps, seule une version Windows avec une machine java embarquée était disponible en téléchargement. Pourtant, j’avais connu ce programme lors d’un colloque sur le elearning organisé en Italie et je l’avais vu tourner sur un Mac…

Bien sûr, comme il s’agit d’un programme open source et que c’est du Java, il était possible de l’utiliser sous Linux avec un minimum de bricolage. Depuis peu, une version Mac est disponible et il est très facile de la faire fonctionner sur un Linux. Voici la démarche que j’ai suivie :

– Télécharger le zip de la version Mac ; pour ce faire, il faut être inscrit.

– Dézipper le paquet (je l’ai mis dans /usr/local/vue)

– Il suffit alors de lancer le fichier jar /usr/local/vue/VUE.app/Contents/VUE.jar avec la commande :

java -jar /usr/local/vue/VUE.app/Contents/VUE.jar

Ca y est, normalement vue fonctionne !

Il reste cependant quelques petites choses à améliorer.

Par exemple, il faut pouvoir utiliser une commande plus pratique pour le lancer. Je crée donc un script bash, que je place dans /usr/local/bin (ce répertoire est dans mon chemin d’exécution ($PATH) par défaut) et que j’appelle vue, simplement.

Ce fichier contient seulement les deux lignes suivantes :

#! /bin/bash
java -jar /usr/local/vue/VUE.app/Contents/VUE.jar

Dès lors, je peux lancer le programme en saisissant simplement vue dans un terminal.

Par ailleurs, je remarque très vite que l’ouverture des url ne fonctionne pas. Un petit coup d’oeil sur les messages d’erreur (assez verbeux, heureusement) affichés sur le terminal m’indique que celui-ci essaie d’invoquer la commande netscape pour ouvrir ces liens… Je fais un premier test en créant un lien symbolique vers /usr/bin/firefox, que j’appelle /usr/local/bin/netscape. Ca fonctionne, mais je rencontre tout de même un petit problème : Firefox refuse de se lancer si une autre instance est en cours d’exécution avec le même profil ; et il est rarissime que je n’ai pas déjà un Firefox ouvert.

J’en suis donc quitte pour lire un (tout) petit peu de doc sur Firefox, pour trouver l’option -remote qui permet de passer une commande à une instance de Firefox en cours d’exécution. Je supprime donc mon lien /usr/local/bin/netscape et je le remplace par un script ainsi formulé :

#! /bin/bash
/usr/bin/firefox -remote "openurl($*), new-tab"

Ce qui a pour effet d’ouvrir l’url passée en paramètre ($*) dans un nouvel onglet du Firefox courant en invocant la commande openurl().

Après cela, j’ai l’impression que tout fonctionne normalement, mais n’hésitez pas à me signaler si vous remarquez une fonctionnalité inactive.